L'innovation sauvera le monde de Nicolas Bouzou

L’innovation sauvera le monde

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Facile à lire
Intéressant
« Le vrai danger du monde, c’est le retour du tragique dans nos vies, la tragédie qui déchire et qui oppose le concepteur de la Google Car au moniteur d’auto-école, la tragédie qui pousse subrepticement une partie de nos populations vers des formes arriérées de pensée politique. A ne pas nous adresser aux perdants de la destruction créatrice, nous risquons de voir sombrer notre civilisation dans le nationalisme, l’extrémisme ou le fondamentalisme, doctrines primaires qui mais qui présentent un immense avantage stratégique sur le discours philosophique rationaliste : elles parlent à l’instinct. »

Les 3 idées clés

  • Les accélérations technologiques bouleversent en profondeur les modèles économiques et les politiques publiques.
  • Les politiques publiques doivent proposer un discours spirituel et humaniste pour rassurer les populations affaiblies par cette transition de destruction créatrice afin d’éviter le refuge dans des thèses simplistes et extrémistes.
  • Il faut se battre contre les théories de la décroissance : l’humanité a toujours su innover pour s’adapter à chaque mutation, et nous avons tous les outils pour créer une planète durable et prospère.

Expérience de lecture

J’ai beaucoup appris de ce voyage à travers l’histoire de l’économie, et des mutations sociétales à travers les siècles. La lecture de ce livre permet de relativiser nos angoisses et de combattre le fatalisme et le catastrophisme ambiant. En comparant notre situation avec celle d’autres époques et d’autres cultures, on comprend mieux le processus de destruction créatrice et ses impacts économiques, sociaux, spirituels et philosophiques.

L’intérêt de ce livre réside surtout dans l’analyse de l’impact de cette mutation au prisme de l’actualité politique des pays occidentaux, qui subissent la progression de mouvements nationalistes et fondamentalistes. Les populations y recherchent une protection pour combler le vide spirituel et la peur de l’avenir.

Les propositions faites par l’auteur en termes de régulation économique et sociétale sont souvent libérales. Il rappelle toutefois à plusieurs reprises l’impérieuse nécessiter de protéger les individus affaiblis par ce type de mutation.

Mon conseil : La position de l’auteur est plutôt raisonnable et consensuelle. Ce livre est accessible et agréable à lire et il apporte un éclairage historique intéressant.  A lire absolument si vous voulez comprendre le processus d’ajustement de Schumpeter et si vous doutez encore qu’on puisse concilier des thèses économiques  libérales et une vision  fondée sur des valeurs humanistes.

 

Le résumé :

Les mutations se définissent moins par l’usage des technologies que par les conséquences qu’elles provoquent. A partir de cette définition, la mutation que nous vivons est donc la 5ème depuis l’histoire de l’humanité, et elle s’inscrit dans l’enchaînement chronologique suivant : l’agriculture qui à sédentarisé les hommes et généré une société verticale, le commerce qui à décloisonné les sociétés traditionnelles et fait naitre l’entreprenariat, les progrès scientifiques de la renaissance qui ont bouleversé la représentation que nous nous faisions du monde et la révolution industrielle qui permis une croissance du revenu par habitant inédite .

La période de mutation actuelle est caractérisée par la combinaison des innovations (NBIC, IOT, Intelligence artificielle…). Elle est particulièrement violente. Pourquoi ? Parce qu’elle est amplifiée par la mondialisation et par la profonde blessure narcissique causée par la menace de l’intelligence artificielle qui pourrait nous réduire à « une minuscule parcelle de l’univers ». La phase de destruction créatrice qu’elle engendre ne bouscule pas seulement les modèles économiques et sociaux, mais aussi les politiques publiques.

Concept d'innovation : ampoule électrique portant la carte du monde

 

Toutes les mutations ont des points communs qui doivent nous rassurer sur notre capacité à nous adapter et à trouver des solutions : d’une part une synthèse créative, qui améliore nos conditions de vie et restructure l’organisation et les rapports de force au sein de la société, d’autre part les réflexes de repli vers le passé, et surtout l’opposition entre ceux qui profitent et ceux qui sont victimes de la rapidité des mutations. Cependant le délitement de la société n’est pas une fatalité, et cette période de transition est surmontable. Le risque réside plutôt dans l’absence de politiques alternatives fondées sur une approche transversale.

Ni technophile ni technophobe, l’auteur combat les thèses déclinistes qui caractérisent l’Europe. Notre vieux continent craint en effet que ce nouveau monde précipite l’effondrement de la civilisation occidentale. Entre Robert GORDON qui nous prépare a la stagnation économique et Jeremy Rifkin qui nous promet un monde communautaire fait de gratuité, l’auteur choisit d’être progressiste et invite les institutions à se tourner vers l’avenir « sans laisser personne sur le bord du chemin ». Il faut adapter nos systèmes de formation, introduire plus de flexibilité et de liberté dans l’économie, et surtout donner du sens grâce à un discours fondé sur des valeurs spirituelles et humanistes. C’est le seul moyen d’éviter là déstabilisation, de redonner aux peuples confiance en l’avenir et d’éviter que les populations victimes de cette période de destruction créatrice se réfugient instinctivement vers les thèses simplistes des extrémistes de tous genres.

Pour en savoir plus en images, Nicolas BOUZOU interviewé par patrimoinetvkneip en octobre 2016



A propos de l'auteur

Économiste et essayiste français, directeur du cabinet de conseil Asterès et co-fondateur du Cercle de Belém, directeur d’études au sein du MBA Law & Management de l’Université de Paris II Assas. Il écrit régulièrement dans la presse française (Le Figaro, Les Echos, L’Express, L’Opinion, Le Point, Le Monde) et dans la presse étrangère (Financial Times, Le Temps). Il a siégé au Conseil d’Analyse de la Société auprès du Premier Ministre (2010-2012). Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages. Le dernier a été publié en septembre 2017 par Les Éditions de l’Observatoire sous le titre « Le travail est l’avenir de l’homme ».


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