Couverture du livre "Dans la nuée" de Byung-Chul Han

Dans la nuée

Auteur :
, 2015
Traduit de l’allemand par Matthieu Dumont
,
Dans la nuée
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Facile à lire
Intéressant
« La foule indignée de notre époque est extrêmement superficielle et dispersée. Elle n’a pas cette masse qui lui donnerait la gravité nécessaire aux actes. Elle n’est pas génératrice d’avenir. »

Les 3 idées clés

  • La société numérique nous dépasse en transformant nos vies sans que nous en ayons conscience.
  • Nous avançons en masse, somme de solitudes égoïstes sans âme et sans dessein.
  • Le numérique guide l’inconscient collectif et commande nos comportements en nous laissant l’illusion de notre puissance et de notre liberté.

Contexte de lecture

J’ai découvert ce livre par hasard dans ma librairie de quartier, tentée par une analyse philosophique de la société numérique. L’auteur considère que la transformation profonde de la société nous dépasse et que nous ne maîtrisons pas les impacts sur nos vies, nos perceptions et nos comportements. Ce livre est intéressant car tous les aspects de la révolution sociétale que nous vivons sont abordés : ceux que maints ouvrages de vulgarisation ont déjà effleurés, mais aussi les conséquences que seul un philosophe peut identifier et analyser.

Ce livre m’a dérangée, j’ai été tiraillée entre l’analyse que je partageais totalement et mon désaccord avec la vision pessimiste et fataliste de ces thèses. On ne peut occulter les aspects positifs de cette mutation, et nier qu’elle sera nécessairement suivie d’une phase de rééquilibrage déjà entamée.

Mon conseil : Il y a peu d’essais philosophiques sur l’impact du numérique sur les individus et la société. Je vous invite donc à lire ce livre court mais dense, surtout si vous n’imaginez pas encore qu’objets connectés, datas et réseaux sociaux peuvent se soumettre à la critique philosophique.

 


Résumé

Nous n’avons pas conscience de l’impact profond du numérique sur nos vies, sur notre rapport à l’autre et au monde. Cette crise sociétale est inquiétante car que le numérique prédit et détermine nos comportements, nos pensées et nos actes.

Pour désigner cette société, l’auteur utilise la métaphore d’une nuée qui évoque la menace que représente une multitude sombre. Contrairement à  la foule la nuée est constituée d’individus isolés qui ne forment pas d’identité collective. Cette masse sans âme et sans un dessein ne peut s’opposer aux puissances dominantes.

Le numérique génère de nouveaux paradigmes dans toutes les dimensions individuelles et sociétales :

  • Notre rapport à l’autre : communication désincarnée, absence d’intimité du fait de l’abolition des distances entre les individus et délitement du respect. C’est une société composée d’individus narcissiques qui mesurent la performance de l’amitié en nombre de « like ».
  • Notre rapport à la politique : c’est la fin de la représentation car l’aplatissement de la hiérarchie et la symétrie de l’information nuisent au pouvoir. La dictature de la transparence empêche la réflexion et le délitement de la temporalité fait obstacle à la vision et à la planification.
  • Notre rapport aux objets qui se soumettent eux-mêmes aux informations pour communiquer de manière autonome sans intervention humaine. Ces objets qui se confondent avec notre corps pour mélanger être et information.
  • Notre rapport à l’image : Le numérique rend les images plus belles que la réalité et en fantasmant le réel il le prive de sa vérité. Il n’y a plus de dimension narrative, ce qui compte ce sont les chiffres qui mesurent le rendement.

La société numérique menace :

  • Notre activité intellectuelle : le volume d’information réduit notre capacité d’analyse et nous empêche d’accéder à une pensée complexe.
  • L’existence de la théorie et des sciences du comportement : la causalité ne compte plus, seuls comptent les faits et la corrélation.
  • Nos libertés : l’impératif de transparence et le regard permanent des médias nous soumet à une surveillance permanente et nous oblige au conformisme pour ne pas risquer d’être marginalisés.
  • Le numérique génère une auto-exploitation ou une servitude qu’on pense choisir ce qui nous donne un sentiment de liberté. On est « à la fois victime et bourreau ».

Nous avançons inconscients dans cette société numérique qui s’empare de l’inconscient collectif et organise avec des moyens que nous ne maitrisons pas le comportement des masses.



A propos de l'auteur

Né en 1959 à Séoul (Corée du Sud), Byung-Chul Han obtient en 1994 un doctorat en philosophie à l'université de Fribourg et devient en 2012 professeur à l'université des arts de Berlin.  


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